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[24 février 2016] Le bureau des rêves • Feat Canada

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Japon

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MessageSujet: [24 février 2016] Le bureau des rêves • Feat Canada Mer 24 Fév - 20:58

Le bureau des rêves

Feat. Canada


-PVC... Polyester... Spandex...

Le visage penché sur son carnet de notes, ses yeux noisette dissimulés sous la douce frange de cheveux noirs qui recouvraient son front, Japon poussa un profond soupir. Son stylo, coincé entre index et majeur, tapotait à un rythme régulier les pages noircies, où étaient griffonnées nombre d'informations en pagaille, comme si ses pensées allaient trop vite pour lui, et qu'il fallait tout poser sur papier avant d'en perdre la moindre miette. Son absorption dans ses recherches parvenait à lui faire oublier le mal de tête que lui donnaient toutes ses idées en pagailles, mais ses traits étaient tirés, durs, plissés par la concentration, ses sourcils froncés par l'effort nécessaire au rassemblement de ses connaissances. De nombreux livres étaient ouverts devant lui, comme s'il ne savait par où commencer dans sa quête. La quête de découvrir un moyen de se rendre utile, dans la nouvelle place qui lui avait été attribuée.

C'était la veille qu'Amérique lui avait annoncé la nouvelle: il était officiellement accepté comme travailleur au laboratoire de la base, havre de paix qui l'avait accueilli après les six mois d'enfer passés à arpenter le continent eurasien sous le soleil de plomb, ou dans le froid hivernal. À son arrivée, la fatigue et les blessures l'avaient forcé à prendre un repos bien mérité à l'infirmerie, sa cheville foulée et douloureuse l'empêchant de marcher sans boiter comme un vieillard. Il était ainsi resté cinq jours durant, couché sur cette paillasse aux allures de lit d'hôpital, avec pour seul pensée son jeune frère, Li, qu'il n'avait pas vu depuis leur arrivée à Milan. Une attaque surprise de quelques mutants italiens avaient eu raison d'eux, et les voilà séparés pour une durée encore indéterminée. Chaque jour qu'il passait à son poste, Kiku avait le douloureux souvenir du corps de son frangin, dans cette maison où il l'avait laissé à l'abri, qui semblait juste dormir profondément, et il s'en voulait de n'avoir rien pu faire pour le protéger. Il avait réussi à veiller sur lui pendant une demi-année, et au dernier moment, il avait été incapable d'éviter le coup qui lui avait été fatal. Il revoyait en rêve la plus jeune nation glisser sur des gravats empilés en évitant un attaque, et s'écraser plus bas, sa tête cognant avec violence contre le mur délabré qui se dessinait au pied du monceau de débris. Japon avait juste eu plus de chance. Blessé, il n'avait pas réussi à le ramener avec lui, et avait supplié les autres nations de l'aider à aller lui porter secours. Mais on le mettait en garde, prétextant que c'était trop dangereux, qu'il était peut-être mort, et qu'il se mettrais lui-même en danger inutilement en sortant de la base pour partir à sa recherche. Il trouvant insupportable l'idée que Hong Kong soit mort aussi facilement, et même si cela avait le cas, ne pouvant se résoudre à abandonner son cadavre dans les décombres. Il s'obligeait à ne pas franchir la porte, chaque jour qui passait, car maintenant, il y avait du boulot à accomplir.

En effet, dès sa sortie du dispensaire, il avait exprimé le désir de se rendre utile par n'importe quel moyen, et c'était lors de la visite du camp dispensé par son ancien allié et meilleur ami Allemagne, qu'il avait découvert le laboratoire, sans surprise la pièce la plus grande de toute la base. Bien sûr, il ne s'attendait pas à y trouver un matériel extraordinaire ou très avancé. Cela n'avait rien à voir avec les instituts scientifiques japonaises, et on comprenait pourquoi. Néanmoins, bien que les ressources en elles-mêmes étaient moindres, il y avait le nécessaire pour des recherches approfondies, comme un microscope, des équipements liés à la robotique ou la génétique, et diverses machines dont il aurait été trop compliqué d'expliquer le fonctionnement ici. Immédiatement, il avait demandé à participer à ses activités. Il avait aidé au mieux les autres membres de la base, rendant des petits services comme réparer une radio, un casque ou recoudre des vêtements avec l'aide d'Italie lorsqu'on le lui demandait. Il avait inconsciemment élu domicile à un bureau en particulier, situé au fond de la salle, face au mur, et aussi éloigné de la fenêtre que possible -si l'on pouvait appeler cela une fenêtre, avec ses barreaux et son verre fumée empêchant les monstres du dehors de voir à l'intérieur. Il ne voulait pas avoir sous les yeux le spectacle horrible qu'il avait contemplé pendant tant de semaines. Il ne les avait plus comptés, à force de traverser ce paysage dévasté, couvert par les corps ensanglantés et les morceaux de bâtiments détruits. Alors il en restait loin, ses prunelles rivées sur son travail.

Et finalement, on lui avait annoncé qu'il était publiquement devenu un des scientifiques de ce laboratoire. Ce bureau lui appartenait, et il pouvait toucher à tout l'outillage qui lui plaisait dans ce fourbi où il trouverait sans aucun doute son bonheur, et une bonne distraction. Son cerveau s'était tout de suite mis au travail, et sa première mission lui avait été donnée. Amérique lui avait parlé du nouveau plan établi par les membres du cabinet, à savoir organiser une mission à l'extérieur pour capturer et étudier un mutant. Si l'idée de ramener un de leurs ennemis dans la base, vivant ou non, avait d'abord horrifié le japonais, après mure réflexion, la tentative de création d'un antidote ne pourrait se faire sans la présence d'un spécimen à disséquer. Sinon, leurs tentatives n'aboutiraient jamais et des milliers d'habitants continueraient de mourir, ou d'être transformés en créature cauchemardesques hors de leurs murs, pendant encore des années. Alors que tout pourrait être accéléré s'ils ouvraient "simplement" le ventre d'une de ces bêtes. Il avait donc accepté, à la condition que l'on commence par capturer un cadavre avant de décider de s'attaquer à un sujet vivant. De toute manière, ils n'avaient pas encore l'équipement nécessaire pour le garder prisonnier. Ce serait prendre un trop gros risque que de tenter cela maintenant, alors qu'un cobaye mort pouvait être suffisant pour dénicher ce dont ils avaient besoin.

Ensuite, il s'était donné à lui-même un objectif, de son propre chef. Il avait entendu les résultats des tests d'Amérique sur la personne d'Allemagne, après qu'il lui ait fabriqué une protection, pour les zones rendus sensibles par sa mutation. Et Alfred n'avait rien trouvé de mieux à faire que de s'attaquer au bouclier cachant la nuque de l'allemand... à coup de batte de base-ball. En avait résulté un Ludwig évanoui pendant trois heures, car bien que le métal avait réduit de manière considérable le choc reçu, il avait frappé contre la zone fragile, ainsi sa fonction devenait partiellement inutile. Japon s'était plaint des risques inconsidérés qu'ils avaient pris, et avait décidé de concevoir une nouveau blindage pour son ami, allant jusqu'à en imaginer des tenues qui pourraient être accordées à chaque habitant de la base. Dans sa tête, l'image des nations dans des vêtements légers et élastiques, mais robustes, adaptés à leurs pouvoirs, avait immédiatement fait son apparition. Il s'était donc attelé à la tâche, cherchant dans les livres scientifiques disponible à la bibliothèque par quel moyen il pourrait protéger ses compagnon grâce à ses connaissances. Il devait atteindre deux objectifs: stopper les ondes de choc reçues lors d'un coup direct, et immuniser le porteur contre les balles ou les armes blanches. Il y avait donc deux tissus bien distincts à allier. Un textile mou ou même viscoélastique, un polymère sans aucun doute, qui permettrait de ralentir le flux d'énergie, sur le principe d'un séismes traversant une roche peu dense -et autant dire que Japon en connaissait un rayon sur la question-, et un tissu résistant, à la manière des gilets par balle, qui stopperait tout projectile ou lame tentant d'entailler la peau. Ce dernier serait tissé en nanotechnologie pour avoir ainsi des fibres plus serrées, et donc beaucoup plus fortifiées.

Il se heurtait cependant à quelques inconvénients quand à ce qu'il planifiait. Premièrement, on ne pouvait tout simplement pas supprimer totalement les ondes reçues par l'endroit couvert, car elles étaient essentielles à la minéralisation des os, et si l'on les en privait, cela pourrait entraîner une perte de capacité de rééquilibrage corporelle. Pour faire simple, la nation ne ressentirait plus son squelette, et perdrait la notion de déplacement, comme un nouveau né qui apprend tout juste à marcher. Ensuite, les nanomatériaux pouvaient, en grande quantité, être toxiques pour les tissus humains, et provoquer des changement majeurs dans l'organisme, voire des mutations. Il y avait déjà assez de soucis comme ça à cause des altérations génétiques entraînées par le SDG, il n'allait pas en rajouter en faisant fusionner le corps de ses camarades avec leur armure. Et pour couronner le tout, l'un des problèmes auquel il fallait le plus s'attendre, une fois la protection atteinte ou trouée par une arme, la fonction de l'étoffe molle s'en trouverait amoindrie et cette dernière laisserait ainsi passer plus facilement les ondes de choc lors d'une attaque. Pour son ami Allemagne, qui encaissait la moindre pichenette comme un millier de tirs à même la chair, c'était une énorme complication. Il en était à se creuser la tête pour dénicher quel tissu pourrait être suffisamment isolateur pour stopper les ondulations, sans pour autant les annihiler complètement, histoire que ce ne soit pas néfaste sur la santé. Avant de penser à rendre ses compagnons d'infortunes invulnérables et indestructibles, il devait prendre en compte les risques. Ce qu'Alfred n'avait pas forcément fait lorsqu'il avait créé le produit qui les avait tous condamnés.

Il était resté la journée entière devant ses manuels, cherchant une solution à l'impasse dans laquelle il se trouvait. Il s'était à peine autorisé une pause, prenant juste un verre d'eau lorsque sa bouche était trop sèche et que cela l'empêchait de se focaliser sur ce qu'il lisait. Il passa son bic dans les mèches dégringolant sur son visage, avec le sentiment d'être coincé. Le laboratoire était vide à cette heure, et personne n'était là pour lui filer un coup de main qu'il aurait, de toute manière, sans doute refusé, par fierté. Il voulait trouver la solution à ces difficultés par lui-même, dusse son exploration des ouvrages durer toute la nuit.


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